DécouvertesDans cette nouvelle rubrique, j’essaierai de temps à autre de vous faire partager une découverte musicale, littéraire, cinématographique, géographique, humaine ...
|
25/12/2009 ELOGE DE LA FUITE
"La fuite-évasion représente une victoire de l’individu, victoire ultime peut-être, mais victoire quand même ! C’est un symptôme, le pressentiment d’une non-liberté absolue, d’un ordre du monde qui avance, avec sa machinerie inexorable et ses statistiques. La fuite, elle, suppose une rupture, un changement d’espace, une possibilité de se cacher quelque part, ’par-delà les montagnes, par-delà les forêts, par-delà les vastes océans ...’ Les éternels fugitifs du XXème siècle paraîtront peut-être étranges aux hommes du XXIème siècle, tout simplement parce qu’il n’y aura plus de lieu où fuir."
J’ai fui Noël à ma manière, en me cloîtrant, et en lisant l’excellent Éloge des voyages insensés de Vassili Golovanov.
13/12/2009 VIDEO
Une petite vidéo que m’a transmise l’ami accordéoniste Laurent Peuzé.
Copier cloner | Copy and clone from louis rigaud on Vimeo.
La19/09/2009 - CHANSON RUSSE UKRAINIENNE
Je ne sais rien de Veniamin D’rkin (Вениамин Дркин en v.o.), mort très jeune d’un cancer en 1999, sinon qu’il était semble-t-il une vedette de la scène underground russe-ukrainienne...
Ce que je sais, dans cette période de retour de voyages où je m’interroge sur ma vie, c’est que j’aurais préféré ne pas le découvrir mort.
Une fois de plus il y a là ce qui manque parfois un peu dans la chanson française : de l’âme. Un cousin de Leprest et Lantoine. C’est juste dommage, je n’ai aucune idée de ce qu’il chante.
J’adore son maquillage sur celle-ci, et la chanson avec :
et aussi, enregistré à la maison ...
et la même en studio :
J’aime ce gars, vous avez plus qu’à !!!
CHANSON
Bon ce n’est pas vraiment une découverte, je connais Jeanne Cherhal depuis avant qu’elle ne chante, mais j’ai plaisir à la retrouver dans cette reprise qu’elle interprétait déjà dans ses années nantaises. Bonjour à elle si jamais elle s’égare sur cette page ...
6/08/2009 - RADIO
Le soleil se lève tard d’entre les nuages, m’accompagne la rediffusion de l’excellente émission de France Culture "Le Bon Plaisir", consacrée à Marcel Gotlib, et enregistrée en 1997.
Pour l’écouter, cliquez ici ou bien là selon que vous êtes sous Windows ou Linux.
25/08/2009 - MUSIQUE
Retour de Mongolie depuis 4 jours seulement et je reprends mes mauvaises habitudes d’exploration internet nocturne. Ce soir, sur la page de l’amie Irina Losseva, je découvre Zemfira, une star russe dont j’ignorais même l’existence. Pour en savoir plus sur elle c’est ici mais c’est en anglais, sur celle autre page des traductions (en anglais encore) de ses textes, mais le mieux c’est quand même de l’écouter, ça décoiffe les oreilles.
Le texte en anglais est ici
Une autre, ma préférée, dont il y a une bonne quinzaine de versions sur Youtube. Lle titre russe : "Любовь Как Случайная Смерть" (traduit quelque part par "Hello Mama")
17/07/2009 - MUSIQUE
Un grand moment de Russie. Le chanteur du groupe Auktyon (que j’ai eu la chance de voir en concert à Moscou) en compagnie du poète Aleksei Khvostenko (1940-2004) qui vécut longtemps à Paris mais j’ignorais tout de son existence, et je ne m’en console pas.
Vous en saurez plus sur Auktyon en français en lisant cet article.
une autre des mêmes :
et encore ... ça chante un peu faux, mais vrai !!!
et encore encore... C’est comme la soirée où ça a été filmé, on a envie que ça ne s’arrête pas. En tous cas on préférerait que personne ne vienne brancher la télé et interdire de fumer dans le café.
Si quelqu’un peut me traduire un peu ce qui se disait dans ces beaux instants d’humanité je suis preneur.
14/07/2009 - BLOG
C’est la première fois (et, allez savoir, la dernière ?) que je parle d’un blog ... blog dont on m’avait aussi parlé, mais que j’ai découvert sous forme de livre, puisque les deux premières années viennent d’en être rassemblées sous le titre (qui est aussi celui dudit blog) L’Autofictif. On ne se refait pas, je préfère lire sur papier que sur écran, tenir l’objet entre mes mains et l’annoter de petits traits (pensifs ou amusés, ici) de crayon.
Eric Chevillard donc est un auteur de "l’école de Minuit" (Toussaint, Echenoz, Oster, Gailly, Viel - dont je vous conseille vivement le récent Paris-Brest, etc.). Les titres de ses livres donnent envie de les lire (Le caoutchouc décidément, Mourir m’enrhume, Sans l’Orang-Outan), mais mieux encore : les lire donne envie d’en lire d’autres - enfin c’est comme tout, si on aime, parce que sinon...
Je n’ai pas trop le temps de vous en parler car je m’envole demain pour la Mongolie, mais j’avais commis il y a quelques années une note de lecture sur son Au Plafond et Internet étant la mémoire que tous nous n’avons pas, je l’ai retrouvée ici. Bonjour au passage aux amis de Prétexte.
Quelques extraits du blog :
"Ce sont les voisins surpris par le silence et l’inactivité qui ont finalement – mais bien tardivement – donné l’alerte. Ô indifférence coupable de ce monde égoïste ! En forçant la porte du donjon, les gendarmes ont découvert le squelette de la princesse. Le décès remonterait au XIe ou XIIe siècle.
Il invite tout le monde à venir voir dans quelle austère et parfaite solitude il s’est retiré.
Ma foi, elle se découvre un vrai petit talent pour le tennis de plage, un bon coup de raquette qui commence d’ailleurs à attirer les curieux. Les hommes ralentissent, s’arrêtent ; ces spectateurs la stimulent, elle court, saute, se cambre, ses frappes sont nettes et précises. Son maillot de bain est transparent.
Il demeure convaincu que s’il n’avait pas absorbé un tranquillisant avant le départ, son avion se serait crashé."
13/07/2009 - PREMIERS FILMS
En regardant hier à l’Utopia toulousain l’hétéroclite premier film de Scorcese, "Who’s That Knocking at My Door", je me disais ... que j’aimais bien ces premiers films où les réalisateurs cherchent, bousculent, cognent comme si leur premier film devait aussi être leur dernier. Dans le genre, il y a évidemment le chef-d’oeuvre des premiers films, Citizen Kane.
L’ouverture du Scorcese est étonnante ... une mère (la propre mère de Scorcese) prépare une pizza calzone et la sert à ses enfants sur un fond de musique urbaine film gangster des années 60, et montage nerveux. Dans cet opus fabriqué en plusieurs fois (il ne trouvait pas de distributeur et a dû rajouter une scène de lit qui deviendra même la bande annonce sur fond de musique des Doors), Scorcese aborde plusieurs des thèmes auxquels il reviendra plus tard, emprunte à Cassavetes, à la Nouvelle Vague, cherche son ou ses langages, alterne les manières de filmer (angles, focales, rythmes).
Le film se déroule en deux temporalités parallèles le long des deux intrigues : les deux vies de la petite frappe J.R. (premier rôle d’Harvey Keitel), compagnon de beuverie et de glandouille de voyoux à la petite semaine, et amoureux fleur-bleue d’une jolie W.A.SP. avec lequel il refuse de coucher comme pour se racheter de ses débauches avec les "broads" (les "filles", qu’il oppose aux "vraies filles"). Ce qui nous vaut une séquence d’anthologie où J.R. pardonne à son amoureuse platonique le viol qu’elle a subi - et qui la souille à ses yeux. Culpabilité, rachat ... tout cela finit sur une séquence de stigmates filmée dans une église sur l’air de "Boom boom boom, bang bang bang" du groupe les Genies (1959), à écouter ici.
Retrouvez une critique du film ici. Elle précise que Scorcese était influencé par le premier film de Cassavetes, Shadows. Je n’en doute pas ... Mais je préfère Shadows et ce qu’est devenu Cassavetes au premier film de Scorcese et à ses suivants. Vous pouvez retrouver tout Shadows en petits bouts sur la vidéo qui suit et ses suivantes, mais c’est quand même mieux de le voir au ciné !
01/07/2009 - JOHN CASSAVETES
Nuit d’insomnie. 5h du matin ... L’étoile du Nord me regarde dans le ciel de son oeil borgne. Me balade sur YouTube et tombe par hasard sur Femme sous influence de John Cassavetes (ça commence ici), l’un des films qui m’a marqué le plus profondément quand je l’ai découvert au début des années 1990 (il date de 1974). Gena Rowlands est bien au-delà des mots dans le rôle de cette femme en qui tout déborde : l’affection, la colère. Une femme qui sort du cadre dans un monde de mesure. Son mari (Peter Falk dans son meilleur rôle) ne sait pas comment se comporter avec elle, elle est comme un jouet trop grand pour l’enfant qu’il est encore, alors il se met en colère lui aussi, il crie, il gifle même ... et pourtant comme le montre cette scène, sa femme vit peut-être juste encore dans le monde sans frontières de l’enfance - un monde où l’on peut toucher l’autre, un monde où la mort est un jeu qui se danse en faisant le cygne ...
07/06/2009 - MUSIQUE
Deux mois se sont envolés depuis ma dernière intervention dans cette rubrique ... Et comme il n’est jamais trop tard pour découvrir ce que tant d’autres connaissent déjà, je vous propose ce soir un petit moment en compagnie de Joan Manuel Serrat, dont j’écoute en ce moment Nanas de cebollas, sur une poésie de Miguel Hernández, grand poète ami de Lorca et de rafael Alberti, qui a aussi été chanté par Paco Ibañez...
Serrat chante Miguel Hernández :
Paco Ibañez chante Miguel Hernández :
16/04/09 - CINEMA
Un nouveau jour est né et dans quelques heures il me mènera chez les suisses... Avant de partir, je fais vite, et vous conseille vivement le film d’Emmanuel Finkiel, Nulle Part, Terre Promise. Cette interview vous en dira plus.
J’avais déjà beaucoup aimé son précédent film, Voyages où se croisaient les destins de trois femmes juives. Ici encore, c’est au jeu des croisements que se prête le cinéaste ... tandis que des "clandestins" font leur chemin vers l’Ouest, les machines d’une usine délocalisée en Hongrie s’en vont vers l’Est. Peu de mots dans ce film, mais avec le silence, les bruits, les regards, une main sur l’épaule ... tout est dit.
Ici photos et extraits ... méfiez-vous des extraits, c’est le genre de film qui joue sur la durée, il faut s’y installer, c’est comme ces rencontres qui mettent longtemps à se distiller, et qui après ne vous lâchent plus. Regardez plutôt les photos, elles vous raconteront leur histoire !
14/04/2009 - RENCONTRE
Bon, alors après avoir parlé hier d’un livre que je n’avais pas lu, me voici parlant de ma rencontre avec un homme que je n’ai pas encore rencontré... Mais tout cela n’est pas si virtuel qu’il y paraît.
Louis Espinassous, biologiste, conteur, ethnologue, accompagnateur de montagne, éducateur nature. Une amie conteuse belge, Geneviève Wendelski, dont le joli site est ici, a eu l’occasion de travailler avec lui dans les montagnes pyrénéennes, elle en rend compte brièvement sur son blog. Elle m’en a dit plus depuis de mot vif ... assez pour me donner envie d’aller découvrir le bonhomme, en amont du stage "Conte et marche" que je vais moi-même prochainement animer en Valais.
Je vous propose à votre tour d’écouter Espinassous qui parle dans ces extraits de son travail d’éducateur plus que de conteur, mais les deux se rejoignent. Il évoque surtout cet enseignement "traditionnel" qui très jeune nous coupe de notre corps, de notre culture "d’intérieur" qui oublie de frayer avec le dehors qui s’adresse lui à tout l’être, l’autorisant à ne plus fonctionner par morceaux, à se rassembler dans l’affût (en occitan : "l’espère") du nouveau.
à lire aussi, en lien avec ce qui précède : Boris Cyrulnik, De Chair et d’âme.
Je trouve aussi une conférence au sujet de ce livre, "Conversation sur la résilience" que je n’ai pas encore regardée/écoutée, mais ça vaut sûrement le coup, allez-y voir
13/04/2009 - LIVRE
Charles Juliet
Je connais peu Charles Juliet. Elise, une amie chère, complice des silences et du frémissement des choses, m’en avait parlé, et mis en les mains un petit volume. Je devais retrouver Charles Juliet quelques mois plus tard dans la maison lubéronnaise de la chorégraphe lapone Alphéa Pouget, 82 ans, et une énergie qui en quelques jours à la fois vint à bout de moi et de ce moi enterré prépara la naissance d’un nouveau. A l’aube, je lisai Dans la lumière des saisons. Lisez-le aussi.
Et puis voilà que je vous parle d’un livre que je n’ai pas encore lu, ni même acheté, dans lequel Juliet, passé une courte préface, recopie des passages de ses lectures. Glaise adolescente, je recopiais chaque jour dans un petit calepin rouge les extraits des auteurs qui façonnaient alors ma pensée, mes émotions. Et adulte, je continue de citer, partageant ce goût avec l’excellent Jean-Pierre Pirotte (lisez-le, celui-là !) ...
Citer ceux qui disent mieux que moi ce que je voudrais dire, ceux qui me disent ce que je n’aurais jamais songé à énoncer ni même à concevoir, et qui ce faisant ne cessent d’inventer de nouvelles pièces au puzzle de la vie.
Alors, allons-y de confiance, demain je file chez Floury Frères, ma librairie préférée à Toulouse, pour en lire et savoir plus. En attendant, quelques extraits du livre glanés sur le net.
"Toute rencontre fortuite est un rendez-vous." Borges
"Soit vous comprenez, et alors, il n’y a rien à expliquer. Soit vous ne comprenez pas, et en ce cas, toute explication serait inutile." Le maître zen à qui on demande d’expliquer ce qu’est la sagesse.
"L’enfant est le père de l’homme." Wordsworth
Dans : Ces Mots qui nourrissent et qui apaisent, Editions P.O.L.
12/04/2009 - CINEMA
Depuis deux jours à Toulouse, pluie à noyer un escargot. Comme il fait à peu près aussi humide dans ma maison que dehors, je me réfugie dans les salles obscures, cinq films ces deux derniers jours que je vous conseille tous :
- trois films américains d’Eastwood (son dernier, Gran Torino) et de Kazan (un grand classique : Sur les quais, et un autre un peu moins connu mais non moins excellent : Un homme dans la foule ). Ah... cette Amérique en éternelle quête de confession et de rédemption !
- The Chaser, un coréen qui aurait pu s’épargner une ou deux scènes gore sans qu’on n’y perde rien (prévoyez 5 minutes cachés derrière le siège), mais qui vaut vraiment le coup ... il n’incite pas vraiment à avoir affaire à la police coréenne, dont la corruption, l’inefficacité et le souci de sauver la face feraient rire davantage s’ils n’étaient pas tragiques.
- Moi qui fuyais l’eau, je suis allé la retrouver sur l’écran dans ce film hongrois : Delta, qui continue de me faire maudire la bêtise mauvaise et compliquée des humains quand tout (aimer, vivre)
pourrait être si simple. . Aussi lent et contemplatif que The Chaser pouvait être frénétique, à l’image de la tortue qui emporte seule à la dernière image l’espoir vers ailleurs ... mais on ne regrettera pas le voyage si on accepte de se laisser dériver sur les eaux tranquilles du delta du Danube en se disant qu’on a une heure trente devant soi (ce ne sont quand même pas les 7h de Sátántangó d’un autre hongrois - Béla Tarr, qui d’ailleurs a influencé et je crois même produit ce film de Kornel Mundruczo).
La bande annonce :
01/04/2009 - LIVRES
Je terminerai bientôt de lire La Mémoire longue, de Didier Daeninckx. Didier Daeninckx est auteur de polars. Dans ce recueil de chroniques et autres petits textes, il revisite les années 1986-2008 côté revers de la mémoire.
Ca cogne, ça s’attendrit, ça n’oublie rien de ce qu’on voudrait nous faire oublier, ça parle tant des amis irremplaçables que des ennemis à se faire, ça nous raconte Aubervilliers, les grands artistes du petit coin de la rue, et nous remet en mémoire les fondateurs de l’Internationale Légumière qui narguèrent un temps les CRS en jetant près de leurs bottes les peaux tigrées des bananes qu’ils mastiquaient.
C’est libre et libertaire. C’est à lire.
30/03/2009 - MUSIQUE
Jour de mon anniversaire, je découvre grâce à Charlie Hebdo un groupe congolais dont je vous fais partager la musique, vous en saurez plus en cliquant sur le titre de l’article de presse ...
"Entre les racines et les branches, il n’y a qu’un peu de temps" (proverbe chinois)












